Cacao/DRD : La Côte d’Ivoire et le Ghana menacent les multinationales de représailles

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Le temps des négociations et du plaidoyer est manifestement bien terminé. La Côte d’Ivoire et le Ghana attendent désormais des acteurs de la chaîne de valeur du cacao la mise en œuvre effective et inconditionnelle du DRD, le différentiel de revenu décent, la prime annoncée il y a trois ans déjà et destinée à soutenir les revenus des paysans. Auquel cas, ces derniers devraient s’attendre à des mesures de représailles à compter de ce 20 novembre.

Dans une note publiée ce mardi 8 novembre, Le Conseil du Café-Cacao (CCC) qui a mené des négociations avec des géants de la filière pour le compte de l’Initiative Cacao Côte d’Ivoire – Ghana, avec le soutien du Cocobod, a conclu ‘’au refus » de l’industrie cacaoyère de ‘’respecter ses engagements ».

 » Le constat est que les niveaux de différentiel d’origine proposés par le négoce et l’industrie a varié entre -150 et -250 Livres Sterling la tonne, érodant largement les 400 dollars par tonne du DRD. Ceci a pour conséquence immédiate l’altération des effets bénéfiques au profit des producteurs « , a dénoncé le CCC.

Ultimatum

 » Aussi, Le Conseil du Café-Cacao et le COCOBOD invitent-ils l’industrie du cacao et du chocolat, responsable de cette regrettable situation, à prendre les dispositions pour la reprise effective des achats conformément aux engagements pris « , ajoute la note qui poursuivi avec un ultimatum :  » passé la date du 20 novembre 2022, Le Conseil du Café-Cacao et le COCOBOD feront des recommandations à leurs gouvernements respectifs pour prendre des mesures allant jusqu’à la suspension de tous les programmes de durabilité et à l’interdiction d’accès aux plantations pour effectuer des prévisions des récoltes « .

En d’autres termes, d’ici la fin de la semaine prochaine, Abidjan et Accra vont notamment se soustraire des programmes de durabilité qui attestent d’une production de cacao respectueuses des exigences de protection de l’environnement, un argument commercial dont se prévalent les multinationales pour se démarquer sur le très lucratif marché de l’Occident.

En septembre dernier, le CCC avait poursuivi le plaidoyer sur le DRD lors de la réunion annuelle de l’Association européenne du cacao (ECA) tenu à Rome. Et face au manque d’engouement des chocolatiers, le CCC et le Cocobod avaient boycotté la réunion de la World Cocoa Foundation tenue fin octobre à Bruxelles.

Pour rappel, le DRD avait été mis en place mi-2019 à l’issue de discussions entre la Côte d’Ivoire et le Ghana, pays producteurs, et les acteurs de la chaîne de valeur mondiale du cacao. Il consistait en la mise en place d’une prime de 400 dollars sur la tonne de fèves en deçà d’un seuil de cours sur le marché international. Une prime qui devrait être reversée aux paysans afin d’améliorer leur revenu.

 » Le partenariat que nous devons forger ensemble est celui du respect mutuel de nos engagements pour assurer la durabilité de la filière et sortir de la pauvreté les millions de petits producteurs de nos pays « , a insisté le CCC dans sa note.

Reste à savoir si la Côte d’Ivoire et le Ghana parviendront à faire plier les géants mondiaux du cacao qui avaient au départ bien accueilli le DRD avant de se rétracter.

Faut-il le rappeler, les pays producteurs sont de loin le maillon faible de la chaîne de rémunération du cacao, ne percevant que 5 à 6% des revenus d’un secteur qui génère autour de 100 milliards de dollars chaque année.

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