Les millionnaires sont des cowboys comme les autres

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Je suis arrivée à Jackson Hole un samedi en fin de journée, après huit heures de route depuis Laramie, la tête remplie d’images de vallées désertiques, de montagnes, de bourgades pauvres peuplées de maisons mobiles et de carcasses de voitures abandonnées.

Une fois la Jeep garée dans un stationnement qui exigeait un prix exorbitant, j’ai décidé de flâner un peu au centre-ville. Jackson Hole est une petite ville western, qui ressemble à première vue aux autres villes western du Wyoming. Des édifices à l’architecture carrée, des saloons, des hôtels de « pionniers », sauf que sur ses rues commerciales s’alignent des vitrines qui témoignent qu’ici il a de l’argent, beaucoup d’argent. Bijouteries de luxe, galeries d’art, banques. Un traiteur là, une épicerie fine ici. Il y a même un caviste qui vend de grands crus à des prix insolents.

Je dois me pincer pour me convaincre que je suis toujours dans ce Wyoming âpre et épuisé que j’ai jusqu’ici traversé, où le revenu moyen est de 34 000 $. Vous allez voir, Jackson, ce n’est pas le Wyoming, m’avait averti la libraire de Rock Springs, la ville désolée du charbon.

Le salaire moyen des gens qui vivent à Jakcson Hole est plus de dix fois la moyenne de celui des habitants de l’État, soit 312 442 $. À l’hôtel, la réceptionniste me montre, riant de ma surprise, les petites annonces du journal de la ville à la section appartements et chambres à louer. Tout est hors de prix. Absurde. C’est complètement fou, me dit-elle d’un ton un peu désabusé. Elle pointe une annonce d’un quatre et demie à 3950 $ par mois.

Si je me fie aux nombreux articles écrits sur la région de Jackson, Harrison Ford, Sandra Bullock, Uma Thurman, RuPaul Charles, Kanye West, et j’en passe, vivent dans le coin. Mais ici, ils se promènent en jeans, au volant d’un pick-up, et jouissent du sentiment d’être comme tout le monde.

Les bijoux se reflètent sur la vitrine. Une bijouterie à Jackson Hole, petite ville de quelque 10 000 habitants.Photo : Radio-Canada / Émilie Dubreuil

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p class= »e-p »>Un sociologue de l’Université Yale, Justin Farrol, a publié en 2020 un livre touffu sur le sujet, intitulé Billionaire Wilderness, qu’on pourrait traduire par Milliardaires en région sauvage. Dans ce bouquin, l’universitaire explique que ce coin de l’Ouest offre aux milliardaires la possibilité de vivre leur américanité idéalisée : habiter un ranch, se fondre dans le paysage, boire une bière au saloon. Bref, prétendre être un cowboy ou une cowgirl comme les autres, tout en profitant d’une fiscalité paradisiaque.

Le Wyoming est, en effet, un paradis fiscal sans cocotiers. L’État n’impose aucun impôt sur le revenu, aucun impôt sur le revenu des fiducies, aucun impôt sur les gains en capital sur les actifs de la fiducie, aucun impôt sur les revenus de retraite hors de l’État et de faibles impôts fonciers, en plus d’autoriser une personne à former une fiducie et à s’inscrire comme en étant le bénéficiaire.

Source :Radio Canada

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