Les bourdons apprennent des nouveaux comportements de leurs congénères

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Les nouveaux apprentissages peuvent ensuite se répandre rapidement dans une colonie, même si une version différente est découverte.

L’étonnant répertoire comportemental des insectes sociaux est en grande partie considéré comme inné, mais ces insectes ont montré à plusieurs reprises des capacités remarquables d’apprentissage individuel et social, notent les chercheurs de l’Université Queen Mary dans leurs travaux publiés dans la revue PLOS Biology (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

Apprendre des autres

L’auteure principale des travaux, Alice Bridges, et ses collègues ont mis au point une boîte casse-tête qui s’ouvre de deux façons pour observer la transmission de nouveaux comportements non naturels de recherche de nourriture dans une population. La boîte pouvait être ouverte soit en poussant une languette rouge dans le sens des aiguilles d’une montre, soit en poussant une languette bleue dans le sens inverse pour avoir accès à une solution sucrée.

Des bourdons.

Des spécimens « démonstrateurs » ont été formés à utiliser les languettes rouges ou bleues, sous le regard des abeilles « observatrices ».

Photo : Université Queen Mary de Londres/Alice Bridges

Des spécimens démonstrateurs ont été formés à utiliser les languettes rouges ou bleues, sous le regard des abeilles observatrices. Lorsque c’était au tour des observatrices de s’attaquer au casse-tête, elles choisissaient majoritairement d’utiliser la technique qu’elles avaient vue, même après avoir découvert l’autre option.

Cette préférence pour l’option enseignée a été maintenue par des colonies entières d’abeilles, avec une moyenne de 98,6 % d’ouvertures de boîtes réalisées à l’aide de la méthode enseignée, notent les auteurs.

L’expérience fournit des preuves solides que l’apprentissage social est le moteur de la diffusion du comportement des bourdons, affirment les chercheurs.

En outre, d’autres expériences dans lesquelles deux variantes comportementales étaient initialement présentes dans des proportions similaires ont abouti à la domination d’une seule variante.

Nous nous demandons si ces résultats, qui reproduisent ceux obtenus chez les primates et les oiseaux, indiquent une capacité de culture chez les bourdons, s’interroge Alice Bridges.

Des résultats d’expériences similaires ont été obtenus chez des espèces telles que les primates et les oiseaux qui laissent à penser que ces derniers, comme les humains, sont capables de se cultiver. Si les bourdons en sont également capables, cela pourrait expliquer l’origine évolutive de nombreux comportements complexes observés chez les insectes sociaux. Il est possible que ce qui semble aujourd’hui instinctif ait été appris socialement, du moins à l’origine, constatent les scientifiques dans un communiqué publié par l’université.

« Les bourdons – et, en fait, les invertébrés en général – ne sont pas connus pour manifester des comportements de type culturel dans la nature. »

— Une citation de  Alice Bridges, Université Queen Mary de Londres

Ainsi, si les répertoires comportementaux des insectes sociaux comme ces bourdons sont habituellement considérés comme instinctifs, ces travaux tendent à montrer que l’apprentissage social pourrait avoir eu une plus grande influence sur l’évolution de ce comportement que ce qu’on imaginait jusqu’à présent.

Des civilisations qui évoluent

Le fait que les abeilles puissent observer et apprendre, puis prendre l’habitude de ce comportement, vient s’ajouter aux preuves de plus en plus nombreuses qu’elles sont des créatures bien plus intelligentes que ce que beaucoup de gens leur accordent, ajoute le professeur Lars Chittka, de l’Université Queen Mary de Londres.

« Nous avons tendance à négliger les « civilisations étrangères » formées par les abeilles, les fourmis et les guêpes sur notre planète, parce qu’elles sont de petite taille et que leurs sociétés et leurs constructions architecturales semblent, à première vue, régies par l’instinct. »

— Une citation de  Lars Chittka, Université Queen Mary de Londres

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p class= »e-p »>Nos recherches montrent cependant que les innovations peuvent se propager comme des mèmes de médias sociaux à travers les colonies d’insectes, renchérit le professeur Chittka. Cette réalité indique qu’elles peuvent répondre à des défis environnementaux totalement nouveaux beaucoup plus rapidement que par des changements évolutifs, qui prendraient de nombreuses générations à se manifester.

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Source :Radio Canada

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