Des yeux bien particuliers pour le Thylacosmilus atrox

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Les paléontologues tentaient depuis plusieurs années de comprendre comment cette espèce réussissait à chasser avec cette morphologie oculaire bien différente de celles des autres carnivores. Par exemple, les félidés tels que le smilodon préhistorique ou le lion actuel ont les yeux orientés vers l’avant, ce qui leur permet de poursuivre efficacement leurs proies.

Dans leur cas, les champs de vision gauche et droit se chevauchent et envoient au cerveau des informations lui permettant d’interpréter plus efficacement la profondeur et les distances, et de mieux voir le monde en trois dimensions (stéréopsie).

Mais qu’en était-il pour le Thylacosmilus atrox? L’évolution de la vision chez les mammifères est difficile à étudier puisque les organes récepteurs proprement dits – les yeux – ne sont pas conservés dans les archives fossiles, notent dans leurs travaux les paléontologues Analía Forasiepi et Charlène Gaillard du Conseil argentin de la recherche scientifique et technologique (CONICET).

Pour réussir à décrire la vision du Thylacosmilus, elles ont réalisé des tomodensitogrammes du crâne de trois spécimens et de ceux de plusieurs autres carnivores. L’analyse de ces images montre que les orbites du Thylacosmilus étaient frontales et verticalisées de manière à favoriser un certain degré de stéréopsie, ce qui compensait la convergence limitée de leur orientation.

Ainsi, même si ses orbites n’étaient pas favorablement positionnées pour la vision en trois dimensions, ses yeux pouvaient quand même atteindre un chevauchement du champ visuel de l’ordre de 70 %. Les auteures de l’étude pensent que ce pourcentage est suffisant pour faire du Thylacosmilus un prédateur efficace.

Des dents qui changent tout

Le Thylacosmilus possédait les canines les plus volumineuses du groupe de cinq espèces d’animaux à dents de sabre mis au jour jusqu’à maintenant. Ces énormes dents trouvaient même leur origine au sommet de son crâne, ce qui a certainement influé sur la forme de ce dernier, y compris sur l’emplacement des orbites.

Il n’y avait simplement plus de place à l’avant du visage pour les orbites, comme c’est habituellement le cas chez les carnivores, notent les chercheuses.

Repères

  • Le Thylacosmilus atrox vivait il y a entre neuf et trois millions d’années.
  • Il pouvait mesurer plus de 1,5 mètre de longueur et peser environ 115 kilos.

Un compromis morphologique

Les paléontologues pensent que l’orientation particulière des orbites chez Thylacosmilus atrox représente un compromis morphologique entre la fonction première du crâne, qui est de contenir et de protéger le cerveau et les organes sensoriels, et une fonction propre à cette espèce, soit fournir de l’espace pour le développement des canines.

La question est maintenant de savoir pourquoi, sur le plan évolutif, l’espèce a développé des canines aussi imposantes qui ont nécessité une réorganisation de l’ensemble du crâne.

La question demeure entière, mais cette réorganisation a peut-être facilité la prédation d’une façon qui reste à expliquer.

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Source :Radio Canada

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