Pour soutenir le Cédi, le Ghana va utiliser l’or dans ses échanges commerciaux

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Dans un contexte économique particulièrement difficile, le Ghana annonce une décision peu commune destinée à soutenir sa monnaie nationale, le cédi. En effet, le vice-président a fait part, dans une communication ce jeudi, de l’option choisie par le pays de régler ses importations de pétrole raffiné avec de l’or, l’une de ses principales richesses, plutôt que des devises.

La mesure qui devrait être effective dans le courant du premier trimestre 2023 vise à protéger le cédi qui se déprécie depuis le début de l’année par rapport au dollar, la devise de référence dans les échanges internationaux. En cause, la crise ukrainienne qui a induit une flambée des prix des biens importés ; une situation qui alimente l’inflation au niveau mondial et affecte en particulier des pays en développement comme le Ghana.

 » La demande de devises des importateurs de pétrole (raffiné, ndlr) face à la baisse des réserves de change entraîne la dépréciation du cedi et une hausse du coût de la vie avec des prix plus élevés pour le carburant, le transport, les services publics, etc.  » a indiqué Mahamudu Bawumia, le vice-président, docteur en économie monétaire et finance internationale qui fut par ailleurs économiste au FMI et enseignant dans des universités en Angleterre et aux Etats-Unis.

 » Pour relever ce défi, a-t-il ajouté, le gouvernement négocie une nouvelle stratégie dans laquelle notre or (plutôt que nos réserves en dollars américains) sera utilisé pour acheter des produits pétroliers « .

 » Si nous la mettons en œuvre comme prévu, cela va fondamentalement changer notre balance des paiements et réduira considérablement la dépréciation persistante de notre monnaie avec les augmentations associées des prix du carburant, de l’électricité, de l’eau, des transports et des denrées « .

Selon la théorie économique, la valeur d’une monnaie est fonction de l’offre et de la demande sur le marché international. De manière basique, plus une monnaie est demandée sur le marché international (parce que le pays exporte plus qu’il n’importe, et est réglé en dollars qu’il doit convertir en monnaie locale – hausse de la demande), plus elle a tendance à prendre de la valeur (par rapport à la monnaie de référence qu’est le dollar). A contrario, lorsqu’une monnaie est moins demandée (la facture des importations étant plus élevée, le pays est alors en quête de devises en contrepartie de sa monnaie – hausse de l’offre – pour assurer les règlements), elle tend à perdre de la valeur. C’est dans un tel schéma que se trouve le Ghana. Et le recours à l’or pour les importations vise donc à contenir l’offre du cédi et donc limiter la dépréciation de cette dernière.

Début de mise en œuvre

En attendant la mise en œuvre effective de la mesure, Mahamudu Bawumia a annoncé dans la foulée un ensemble de directives qui seront applicables dès ce 1er janvier 2023. Ainsi, dès cette date, toutes les grandes sociétés minières  » vendront 20 % de leur production d’or raffiné à la Banque centrale  » et seront payées en cédis. Il en est de même pour les autres acteurs de la chaîne aurifère, y compris les petits exploitants.

Noté dans la catégorie C, proche du défaut de paiement par les agences internationales de notation, en raison d’une dette qui a flambé en partie en raison de la chute du cédi, le Ghana négocie un financement avec le FMI pour renflouer ses caisses publiques. Des négociations auront pour contrepartie des mesures d’austérités avec la promesse de relancer durablement l’économie.

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