Côte d’Ivoire : Crise électorale à la Chambre des métiers, des irrégularités dénoncées

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La Coalition des Organisations des Artisans de Côte d’Ivoire (COACI) a manifesté encore une fois, ce mercredi 14 décembre 2022, contre le processus électoral engagé à la présidence de la Chambre des métiers de Côte d’Ivoire. Ce, par une forte mobilisation, à la place CP1 de Yopougon-Sicogi.

Porté désormais officiellement à la tête des 100 associations qui composent pour le moment ladite coalition, le président Bakayoko Mamadou explique les raisons de cette rencontre de protestation.

« Ayant débuté le 25 septembre 2022 pour prendre fin le 11 février 2023, le processus électoral de la présidence de la Chambre des métiers est mal engagé. Car il comporte beaucoup d’irrégularités. Pour se faire, nous demandons au Chef de l’État et au gouvernement d’y mettre fin pour appeler les uns et les autres à une table de discussion pouvant déboucher sur une élection ouverte, inclusive et apaisée », a-t-il déclaré d’entrer.

Poursuivant, Bakayoko Mamadou souhaite que les autorités et l’opinion publique s’appesantissent sur la précarité des artisans et du secteur.

« Monsieur le président de la République, messieurs les ministres, chers journalistes, réagissez en mettant fin à ce processus électoral qui n’honore pas la Côte d’Ivoire. Car ce sont des milliers de vies qui sont en jeu. Les problèmes de l’artisanat font sujets de débat sur les plateaux de télévision parce que le secteur est rentré en ébullition et que les gens sont dépassés », a-t-il interpelé.

Puis d’accuser que « l’État met les moyens pour que les lignes bougent, mais en vain, par la faute des responsables de la Chambre des métiers. La nouvelle génération d’artisans ne va pas accepter qu’une minorité lui dicte sa loi ».

Selon le N°1 de la COACI, « relativement aux grands travaux dans la ville d’Abidjan, le président de la République a acheté 150 hectares pour délocaliser la nouvelle casse d’Abidjan à Abobo-N’dotré. Le ministère de tutelle gère uniquement le volet technique, mais ce n’est pas lui qui doit aller sur le terrain pour réinstaller tout un chacun. Malheureusement, la Chambre des métiers qui a plutôt ce rôle de suivi, ne réinstalle pas comme il se doit les ferrailleurs et autres artisans sur le nouveau site ».

Bakayoko Mamadou n’est pas du tout content, car, « sur plus d’une centaine d’hectares du nouveau site de N’dotré, il n’y a que 15 ou 16 hectares qui sont occupés par des ayants droit. Sur le reste de cet espace, ce sont des immeubles qui sortent de terre », dénonce-t-il.

Revenant sur le processus électoral, le président de la COACI a déploré qu’ »après que le Chef de l’État ait déboursé 200 millions FCFA dans l’argent du contribuable pour cette élection, il est déplorable de constater que le comité électoral mis en place est inéquitable. En lieu et place des présidents d’organisations professionnelles, le président sortant de la Chambre des métiers a nommé trois fonctionnaires de ladite chambre. »

Pour lui, « après dix années de gestion chaotique sans organisation d’élections, comment peut-on faire un texte électoral pour un secteur sans associer ses acteurs ? En associant uniquement le président sortant, cette élection qui n’est pas libre et transparente ne pourra pas prospérer », a ajouté Bakayoko avant de revenir sur quelques conditions de cette nouvelle élection qu’il juge inacceptables.

« L’historique des élections nous donne 13 mille électeurs pour 2001 où on suppose que l’artisanat était moins connu. En 2012 où le secteur a attiré un peu plus de lumière sur lui, il y’a eu 50 mille électeurs. En 2022 où nous devons progresser en termes de nombre de votants, ils nous sortent un texte électoral qui tend à l’exclusion. Pour prendre part à l’élection de ce secteur dit informel, en plus de la Carte nationale d’identité, on nous réclame d’autres documents qui ne sont même pas exigés pour l’élection à la présidence de la République. Pour être autorisé à voter désormais, les gens exigent le casier judiciaire, le carnet de Cnps et la carte d’assurance maladie universelle », dénonce encore le président de la COACI, avant de d’interroger l’opinion: « Qu’est-ce que ces documents doivent venir chercher dans une élection chez les artisans ? »

Présents à cette grande mobilisation de protestation, Malawa Kouamé, président des cordonniers et cireurs professionnels de Côte d’Ivoire et Georgette Koblé, présidente de la Coopérative Bonne Semence ont tous deux crié leur ras-le-bol par rapport au processus électoral en question.

Selon les protestataires, l’organisation ne compte pas s’arrêter à cette énième mobilisation. Elle envisage user d’autres moyens pour mettre fin au processus électoral en question, y compris le volet juridique.

 

Vagoné Dry-Bi

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