Annoncé au RHDP/Guikahué catégorique: «Je suis assez âgé pour faire ces choses»

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Le Secrétariat exécutif du PDCI-RDA a bouclé l’année, hier mercredi 28 décembre, avec la 200è session. Au sortir de la réunion, le secrétaire exécutif en chef, Pr Maurice Kakou Guikahué, a échangé avec la presse sur quelques faits marquants de la vie du parti. Il en a profité pour se prononcer sur des rumeurs l’annonçant au RHDP.

 

Monsieur le ministre, vous venez de boucler l’année avec la 200è session du Secrétariat exécutif, de quoi a-t-il été question ?

Au cours de cette réunion, nous avons fait le point de l’opération d’enrôlement. Nous avons reçu les coordonnateurs régionaux, hier (Ndlr, mardi dernier). On nous a donné quelques chiffres que nous attendons de consolider. Le porte-porte du parti fera une conférence de presse dans les prochaines heures.

Ensuite, nous avons fait le point de nos activités menées, au cours de l’année 2022, à part le Congrès qui n’a pas été organisé. A l’issue des 75 ans du PDCI, le président avait projeté un Congrès en 2022 qui n’a pas eu lieu mais il se fera plus tard. A part cela, nous avons pu exécuter toutes nos activités. Le bilan du Secrétariat entre deux Bureaux politiques. Nous avons fait la promotion des instruments juridiques de facilitation des actes de naissance, dans le cadre de la révision de la liste électorale. Nous avons participé activement à la révision de la liste électorale. Je profite de cette occasion pour féliciter tous les délégués départementaux et communaux, tous les points focaux que nous avons choisis auprès des sous-préfectures et des mairies et des tribunaux mais également tous les vice-présidents qui se sont mobilisés parce que nous avons créé des coordinations régionales pilotées par les vice-présidents.

Egalement, nous avons esquissé et mis en place 3 équipes pour réfléchir un peu sur les activités à mener au cours de l’année 2023. La prochaine réunion du Secrétariat aura lieu le 10 janvier 2023.

Ensuite, nous ne pouvons pas faire une réunion sans parler de notre ami Gouali Dodo qui a fait défection. C’est une défection parce qu’il a avait commencé à restructurer les enseignants. On ne l’a pas vu venir, ceux qui l’ont rencontré, ces derniers temps, ont dit qu’il n’avait même pas montré un signe de faiblesse. Il est parti mais nous ne le jugeons pas. Il est assez grand et il a fait son choix. On prend acte mais c’est quand même dommage pour le travail que nous étions en train de faire. Il est un ancien député, délégué à Vavoua et en plus, secrétaire exécutif. C’est la décision qu’il a prise. Il est assez grand. Voilà l’essentiel de ce que nous avons fait.

 

Il y a des rumeurs qui disent que vous-même seriez en train de basculer au RHDP, qu’est-ce que vous en dites ?

Vous faites bien de dire que c’est des bruits. Ce sont des intoxications. Moi, je suis un meuble du PDCI-RDA. Quand j’ai été élu président du Mouvement des élèves et étudiants de Côte d’Ivoire (Meeci), en 1981, le président Houphouët m’a reçu à table à Yamoussoukro. On était deux, j’étais en face de lui et il m’a parlé. Il m’a dit : « Plus tard, le PDCI ne sera plus seul, il y aura d’autres partis politiques. Donc, j’ai créé le Meeci comme une école pour que quand les autres vont quitter le PDCI pour aller créer leurs partis politiques, vous restiez au PDCI. »

Ensuite, vous savez tous que j’ai été le dernier médecin d’Houphouët. C’est dans mes bras qu’il est décédé. Il m’a parlé du PDCI. Je suis jeune, par rapport à Fologo et le président Bédié. Le président Houphouët m’a confié une mission importante, de faire vivre le PDCI-RDA. C’est ce que je fais auprès du président Henri Konan Bédié.

Aux 75 ans du PDCI-RDA, j’ai fait un discours. Peut-être que c’est passé inaperçu. J’ai dit qu’Houphouët m’a formé, mais Bédié m’encadre. C’est-à-dire que tout peut se passer en Côte d’Ivoire en ce qui concerne le parti, mais la dissolution du PDCI-RDA, en tout cas, je suis contre. Je ne suis contre personne, mais je ne peux pas avoir été président du MEECI, avoir été secrétaire exécutif et puis devant moi, le PDCI va être dissout. C’est pourquoi, je dis que je suis le meuble parce que j’ai été président du MEECI et Houphouët m’a confié une mission, c’est être PDCI.

Puis, je suis un grand cardiologue. Je suis allé à la retraite en 2017. Mais j’ai mis en veilleuse mes activités de cardiologie. Je vais vous dire des choses. Quand j’étais en formation à Boston, j’étais président du MEECI et je suis allé en formation. De retour, je suis devenu membre du Bureau politique. L’Arabie Saoudite a voulu me recruter parce que les cardio-pédiatres, il y en avait pas beaucoup en ce temps-là. C’était en 1985. Quand j’ai appelé le président Houphouët qui m’avait donné une bourse présidentielle, il s’est opposé. Il a dit si on te forme, c’est pour venir en Côte d’Ivoire, pas pour aller ailleurs. Quand nous avons perdu le pouvoir et que Gbagbo a été élu, je le dis aujourd’hui, Gbagbo m’a proposé comme représentant de la Côte d’Ivoire à l’OMS. Ensuite, il m’a proposé comme représentant de la Côte d’Ivoire sur le circuit du Sida Lagos-Abidjan. Je suis allé voir le président Bédié pour lui dire que je ne bouge pas et que je vais rester à côté de lui pour animer le PDCI.

Donc vraiment, ils se sont trompés de personne. Je peux avoir des amitiés. Nous sommes rassemblés, on est avec le président Bictogo, on voyage en tant que vice-président de l’Assemblée nationale. J’entends des gens dire : pourquoi il est dans la délégation de Bictogo ? C’est en tant que vice-président de l’Assemblée nationale que je vais à ces missions. Mais je suis PDCI. Donc, je peux avoir des amitiés dans tous les partis. Je suis un homme politique. On m’a dit d’animer le parti, tu ne peux animer un parti en étant renfermé sur toi-même. Est-ce que Bédié, Ouattara et Gbagbo ne se rencontrent pas ? Ils se rencontrent. Donc, nous qui sommes en bas d’eux aussi, on peut se rencontrer. Mais moi quitter le PDCI, si c’était leur rêve en couleur, mais je leur dit que je ne peux pas. Ça ne passe même pas, ma conviction reste la même.

Les gens disent mais maintenant tu ne parles pas beaucoup. Je le dis souvent, au PDCI, il y a un chef qui est le président du parti et qui actuellement s’appelle Henri Konan Bédié. C’est lui qui distribue les rôles. A un moment donné, il a concentré beaucoup de rôles entre mes mains. Donc, vous me voyiez parler souvent. Mais depuis un moment pour que beaucoup de personnes travaillent, il a déconcentré. Il a dit que la Communication ne marchait pas, il a supprimé le secrétariat à la communication pour créer une grande cellule de la communication qui est sous son autorité directe et c’est le porte-parole qui porte la parole.

Il y a trois porte-paroles au PDCI. Le premier porte-parole, c’est Henri Konan Bédié, le deuxième porte-parole, c’est Kakou Guikahué et le troisième c’est Bredoumy Soumaïla. On a créé la grande cellule et on a mis Bredoumi en avant. Donc, le jour où on aura besoin que je parle, je parlerai. Maintenant, je ne parle pas comme ça, parce qu’on s’est réorganisé.

Ensuite, on a créé un Comité politique qu’on a confié à des personnes qui jouent le rôle. Pour moi, le président a dit : avec ton secrétariat, c’est un travail de terrain, de proximité pour augmenter le nombre de militants. Vous avez constatez, quand il y a eu le recensement et la révision de la liste électorale, on n’était pas organisé comme ça. Mais qu’est-ce que j’ai fait ? On a créé les Comités régionaux pour aller faire l’identification. Ce sont des Comités pérennes qui vont continuer de faire des jugements et les cartes d’identité des gens. C’est ça ma nouvelle mission.  Donc, on peut être efficace sans parler. J’ai fait ce tour d’horizon pour dire que ce n’est pas la peine que vous vous posiez des questions. Le Guikahué d’hier-là, c’est lui qui est devant vous, le Guikahué PDCI.

 

Est-ce que vous avez une idée de ces personnes qui distillent ces rumeurs et qu’est-ce qu’elles visent réellement ?

Je ne sais pas. C’est à eux qu’il faut poser les questions. Mais si c’est pour déstabiliser, c’est peut-être vous qu’ils vont déstabiliser mais pas moi. Ils ne peuvent pas me déstabiliser. Mais ça va s’arrêter.

 

Monsieur le ministre, on a compris votre position, mais on ne peut en dire autant pour d’autres cadres ?

Je parle de moi, je ne peux pas parler des autres. La journée, on est ensemble mais, on ne passe pas la nuit ensemble.

 

De grands noms sur le départ sont cités, cela vous inquiète-t-il ?

En tant qu’animateur du parti, un militant qui s’en va, si je dis que ça ne m’inquiète pas, ça veut dire que je ne suis pas responsable. Cela nous inquiète. Ils avancent souvent des raisons, mais je trouve que quelles que soient les raisons, elles ne peuvent pas faire quitter un parti politique. Un parti politique, c’est une famille d’abord. Il n’y a pas de famille où il n’y a pas de problèmes, ça n’existe pas. De fois, les couples parfaits mêmes, que vous enviez, parfois la nuit, ça chauffe. Donc, dans toutes les familles, il y a des problèmes.

Vous savez, nous sommes dans l’opposition. La question que vous me posez me fait avoir une réflexion. Nous sommes dans l’opposition, on n’a pas de postes à distribuer, on n’a pas de nomination. Tout ce qu’on a ce sont des relations. Ça veut dire qu’on doit être plus regardant quand les gens nous approchent, comment les recevoir, les mettre en confiance. Peut-être que c’est ça qui a manqué. Peut-être que les gens ont été frustrés par des comportements, peut-être, mais c’est une alerte pour qu’on se révise, nous qui sommes les animateurs du parti, qu’on révise nos positions. Parce qu’on ne peut se comparer à un parti qui est au pouvoir, on n’a pas les mêmes moyens, mais nous, on a les moyens humains.

Notre rôle, c’est de donner l’espoir pour avancer. Dans un parti politique et quand on est en démocratie, il faut accepter l’alternance démocratique. Aujourd’hui vous êtes dans l’opposition, demain vous êtes au pouvoir. Nous, on a déjà été au pouvoir longtemps, on est aujourd’hui dans l’opposition, demain on va revenir au pouvoir. Donc c’est des situations qui changent. Je pense que les défections doivent nous faire prendre conscience parce que si vous avez remarqué en 2018 nous étions dans le regroupement Rhdp, ça a été difficile car certains sont partis. Mais depuis ce temps jusqu’aujourd’hui personne n’a bougé et si aujourd’hui les gens bougent, on doit s’asseoir pour faire notre rétrospection, se poser de bonnes questions et apporter de bonnes réponses pour que ça s’arrête. Je peux vous rassurer que le président en ait conscient et dans les jours qui viennent, il nous dira la conduite à tenir.

 

Monsieur le ministre, Gouali Dodo était chargé des enseignants donc avec son départ, est-ce qu’il est prévu des démarches auprès des enseignants ? 

Justement, je suis à la télé, je ne peux pas vous dire ce qu’on fait. Parce que Gouali Dodo ne peut partir et puis on va rester les bras croisés. Sinon on a posé des actes mais souffrez qu’on n’en parle pas, seulement que les militants savent qu’on travaille sur le dossier.

 

Monsieur le Secrétaire exécutif, par rapport aux défections quel message avez-vous à lancer ? 

Il faut d’abord comprendre, j’ai fait passer un message pour dire que nous sommes dans un parti politique qui est une famille. Il peut avoir des problèmes mais les problèmes se règlent étant dans l’opposition. N’ayant pas les moyens d’un parti au pouvoir, nous devons privilégier les relations humaines. Comment on aborde les hommes ? Comment on les reçoit et comment on travaille pour que les gens se sentent en famille ?

Chez nous, on dit tu peux perdre un parent, tu peux ne pas avoir l’argent et le fait d’assister toujours, on dit qu’avec les fesses on pleure. Donc il faut imaginer des comportements qui font que les gens ont de l’espoir. Mais ce qui est sûr un parti politique n’est pas fait pour être toujours au pouvoir. Parce que la politique c’est le domaine des incertitudes. Ceux qui pensent qu’ils sont au pouvoir et qu’ils ne peuvent pas partir se trompent, car à un moment donné, ils peuvent partir du pouvoir. Par des élections, tout peut arriver. A un moment donné la population peut dire que c’est bon on va essayer ceux-là aussi, c’est ça l’alternance démocratique.

Donc rien n’est figé, il ne faut pas se décourager. Le message, d’abord un parti politique, c’est un groupe, c’est une vision, c’est une identité de vue. C’est-à-dire, c’est des gens qui ont la même façon de penser, c’est une idéologie. Et le Pdci-Rda, c’est le dialogue, c’est la tolérance, la libre entreprise.

Je pense que ses valeurs là sont éternelles, donc on ne peut pas dire que, idéologiquement, on n’est plus Pdci-Rda. Pour l’instant, il n’y a pas de faute idéologie qui a été faite. Mais ce que je peux dire, en écoutant les uns et les autres, il faut qu’on fasse attention, car par notre comportement on peut blesser des personnes sans le savoir. Ça, on va en parler pour essayer de voir ce qu’on peut faire.

 

Les militants sont un peu déboussolés sur le terrain, ils ne comprennent pas cette affaire de Bureau politique et Congrès extraordinaire reporté, est-ce que vous pouvez faire la lumière là-dessus ? Qu’est-ce qui va se passer ?

Le Président [Henri Konan Bédié] a reporté le Congrès extraordinaire, donc, ce n’est plus d’actualité. Il n’y a donc pas de lumière à faire.

 

Le ministre Gnamien Yao a tenu une conférence, qui défendait la thèse du Congrès extraordinaire…

Oui, mais posez la question à Gnamien Yao, pas à moi. Le Président a reporté le Congrès extraordinaire, je ne dis pas qu’il a annulé. Demandez à Gnamien.

 

En reportant le Congrès est-ce que ça ne rentre pas en déphasage avec vos lois au PDCI-RDA ?

Je ne rentre pas dans les détails. Le Président a le droit de convoquer un Congrès extraordinaire, il l’a fait et à un moment donné, il l’a reporté, donc nous sommes là-dessus.

 

Le RHDP a fait sortir une liste de ses candidats pour les élections de 2023 mais la liste du PDCI-RDA n’est toujours pas disponible, qu’est-ce qui justifie cela ?

Nous travaillons à cela, les listes vont sortir.

 

Sur le terrain on voit que vos potentiels candidats se tirent dessus, est-ce qu’on doit s’attendre à des arbitrages ?

Oui, ça, c’est le dynamisme du Parti. Que les gens soient candidats, c’est un fait, c’est à nous maintenant d’avoir le tact de choisir le bon candidat qui puisse nous faire gagner. Donc il y aura des arbitrages, il y a toujours eu des arbitrages au PDCI.

 

Ce serait quand le choix des candidats du PDCI-RDA?

Il ne sert à rien de courir, il faut partir à point. On est à la fin de l’année, allez-y fêter d’abord et au retour, on va parler de ces choses-là.

 

Que comptez-vous faire si vous retrouvez l’auteur des rumeurs de votre défection au PDCI pour le RHDP ?

Je ne me sens pas concerné par ce qui se dit. La dernière fois, j’ai porté plainte parce qu’il s’agissait de choses précises. On a dit qu’on m’a viré six cents millions (600 000 000) FCFA, on a retrouvé deux cents millions (200 000 000) FCFA en perquisition à mon domicile et qu’on m’a donné un milliard (1 000 000 000) FCFA, c’est pour ça que j’ai porté plainte. Sinon pour ma supposée défection, c’est à moi de montrer que je suis toujours PDCI.

 

Votre mot de fin ?

Toute l’année nous avons travaillé, nous sommes à la 200e session et vous avez été toujours présents pour relayer, je voudrais vous remercier. Je vous souhaite une bonne fête de fin d’année et bonne année 2023. Je souhaite une bonne année à tous les militants du PDCI-RDA. Et je voudrais dire aux militants de rester sereins, le PDCI-RDA est bien là. C’est une création du Président Houphouët et de ses compagnons, tant qu’Houphouët sera dans l’esprit des Ivoiriens le PDCI-RDA, vivra. Ce n’est pas la peine d’avoir des craintes et d’être troublés ! S’ils apprennent que je suis parti [au RHDP] qu’ils n’y prêtent aucune attention. Si cela arrivait par extraordinaire, ce qui n’est pas possible, je leur demanderais de rester au PDCI-RDA pour qu’il continue de vivre. Moi je suis un dirigeant de Parti, je ne suis pas un militants de Parti, donc ce n’est pas aujourd’hui que je vais aller dans un autre Parti pour être en arrière-plan. C’est manqué d’ambition. Je suis assez âgé pour faire ces choses.

Propos recueillis par Gilles Richard OMAEL, DS et JBK

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